Comores 2016-2021

Par Daniel Ben Ali Fahad

L’objectif de cette note est de sensibiliser notre population sur l’utilisation du lait de coco  occupant une place majeure dans notre alimentation au quotidien. Une grande partie de nos mets se font exclusivement à base de lait de coco (dzia lanadzi). Ce dernier en plus d’être énergiquement riche, il donne une saveur exceptionnelle à nos plats. Sa consommation courante et sa composition chimique attirent notre attention sur l’un des facteurs de risques de maladies cardio-vasculaires étant en progression ces dernières années. La population comorienne devenant de plus en plus sédentaire, il convient de mener une réflexion sur cet aliment et ses probables risques sanitaires.

Nous commencerons par  décrire la composition chimique du lait de coco. Ensuite, nous déterminerons si sa consommation présente un risque de maladie cardio-vasculaire et nous décrirons les enjeux de cet aliment dans le pays. Et enfin, nous ferons quelques recommandations.

La composition chimique du lait de coco :

Le  lait de coco  est très riche. Sa composition en éléments énergétiques et en minéraux, en fait une source d’aliment assez importante.

Ce lait contient les trois nutriments énergétiques : protéines, glucides et lipides. Cependant, les lipides domineraient largement les deux autres dans cette composition. Notons que ces lipides[1] sont exclusivement constitués d’acide gras saturé à 90%. Un élément tendant à faire augmenter le mauvais cholestérol (LDL) sanguin. Par ailleurs, l’élévation du LDL sanguin est un facteur de risque de maladies cardio-vasculaires.

Plusieurs minéraux indispensables à l’organisme demeurent présents dans le lait de coco. Il contient davantage : le fer, le cuivre, le manganèse, le phosphore, le potassium, le magnésium, le zinc, le sélénium, les vitamines B3, B5, B6 et B9. L’état de bonne santé de l’homme dépend de chaque élément.

Le défaut ou l’excès de tout élément dans l’organisme n’est pas sans conséquence sur son fonctionnement, celui-ci pouvant provoquer des maladies. Il peut s’agir également d’accumulation de graisse, de cholestérols ou de triglycérides ayant une incidence sur les maladies cardio-vasculaires.

Conséquence : le lait de coco, un facteur de risque cardio-vasculaire ?

La riche composition du lait de coco en lipides serait la cause de risque des maladies cardio-vasculaires. Rappelons que ces lipides sont constitués à 90% d’acide gras saturé.  Ce type[2] d’acide gras saturé est considéré comme étant responsable de l’élévation du cholestérol total et du mauvais cholestérol (LDL) sanguin, alors que les acides gras insaturés (mono ou poly) d’en diminuer.

Prenons l’exemple de l’Inde où l’huile ou le lait de coco est une source majeure de graisse dans l’alimentation d’une partie de sa population. Il peut représenter jusqu’à 80 % de leur consommation totale de graisse. Ainsi, des chercheurs ont évalué l’effet de la substitution de l’huile de coco par de l’huile de soya et de sésame (riches en acides gras polyinsaturés) lors de la diète de 60 Sri-lankaises[3]. Ce remplacement de l’huile de coco (donc de gras saturés) a entraîné une diminution du cholestérol total et du cholestérol LDL (« mauvais » cholestérol) après un an de régime.

Par ailleurs, l’élévation du cholestérol total et le cholestérol LDL est un indicateur du dépôt de graisse dans les artères, pouvant aboutir à la formation des plaques athéromes. Ce dépôt de graisse est synonyme de maladies cardio-vasculaires notamment l’hypertension artérielle, les maladies coronariennes…

Néanmoins selon certaines études[4] récentes, ces acides gras saturés contenus dans le lait de coco apporteraient également un autre élément : le cholestérol HDL, étant protecteur de ces mêmes maladies cardio-vasculaires. Ce dernier y serait également présent en une quantité considérable. Il faut noter que le cholestérol HDL favorise le transport des graisses vers le foie pour le stockage et la transformation. Alors que le cholestérol LDL induit l’accumulation de ces graisses dans les artères. Cela réduit le diamètre des vaisseaux et finit par les obstruer totalement au fil du temps, empêchant ainsi la perfusion des tissus voire des organes.

Par conséquent[5], il est recommandé de remplacer les acides gras saturés par des acides gras polyinsaturés dans l’alimentation. L’apport intégral en  acides gras saturés ne devrait pas dépasser 10 % de l’apport énergétique total.

Il convient de faire une réflexion sur les risques que court la population comorienne à travers ce lait de coco dans leur alimentation.

Les enjeux de cet aliment face au peuple Comorien

Dans la cuisine comorienne, le lait de coco occupe une place assez importante. Il est présent dans presque tous les plats.  Il accompagne le riz, les viandes et d’autres féculents comme l’igname, le manioc, la patate douce … une alimentation étant déjà à la base riche en acides gras saturés. Soulignons que la population comorienne devient de plus en plus urbaine avec un taux de croissance[6] plus de 5% par an. Très peu de gens pratiquent des activités physiques car ils n’ont pas la culture du sport. La population est donc sédentaire. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, les maladies cardio-vasculaires représentent 15% des maladies non transmissibles aux Comores. Toujours selon cette dernière ces maladies cardio-vasculaires constituent une grande préoccupation avec une prévalence de l’hypertension artérielle à 25,4% et l’hypercholestérolémie à 25,9% en 2008.

Par conséquent, les deux premiers facteurs touchant la population comorienne, à savoir une alimentation riche en graisse surtout en acides gras saturés et le manque d’activités sportifs, induisent une hypercholestérolémie. Cette dernière reste la source de base des maladies cardio-vasculaires notamment l’artériosclérose, l’hypertension artérielle, les maladies coronaires…

C’est dans ce contexte que nous ferons quelques recommandations aux autorités sanitaires et à la population pour un meilleur état de santé.

Recommandations :

  • Mener des études sur le retentissement sanitaire du lait de noix de coco (lait végétal) devenu un produit incontournable dans nos cuisines.
  • Mener des études sur ces maladies cardio-vasculaires dans l’ensemble du territoire national.
  • Sensibiliser toute la population sur ces maladies cardio-vasculaires afin qu’elle puisse comprendre et accepter de ne pas consommer excessivement des plats journaliers à base de lait de coco : un des facteurs de risque de ces maladies.
  • Sensibiliser tout le monde à pratiquer des activités physiques (sport) au moins trois fois par semaine.
  • Equiper chaque île, d’une structure spécialisée pouvant dépister, surveiller et traiter ces maladies cardio-vasculaires.

[1]  Référence sur : http://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/EncyclopedieAliments/Fiche.aspx?doc=noix_coco_nu

[2] Référence sur : http://www.oliveline.com/textes/cholesterol.html

[3] Référence sur : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11348573?dopt=Citation

[4] Référence sur : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/10379016?dopt=Citation

[5] Référence sur : http://www.fao.org/docrep/019/i1953f/i1953f.pdf

[6] Référence sur : http://www.habarizacomores.com/p/lunion-des-comores.html

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