Analyses & commentaires

Par Naila Ahmed Dahalane

Cette note synthétise différents documents existants dans le domaine des airs protégés aux Comores.

Le gouvernement comorien avec l’appui de ces partenaires concentrent tous leurs efforts sur la mise en place du réseau et du système national des aires protégées. La création de cinq nouvelles aires protégées et le renforcement du Parc national de Mohéli, premier Parc national des Comores est en cours. Les enjeux et les défis sont de taille. Le plan de travail est structuré en cinq domaines prioritaires pour l’atteinte de résultats escomptés  : (1) une stratégie connue et partagée par tous ; (2) la mise en place d’une structure pragmatique adaptée aux besoins et aux financements ; (3) la mise en place de processus et procédures efficaces et simples ;  (4) une bonne coopération entre les multiples intervenants de la conservation et du développement durable ; et (5) un système d’apprentissage et de développement des innovations de façon à entrer de plain-pied dans la gestion adaptative, l’amélioration des capacités et  la motivation à tous les niveaux.

Les fondements de la stratégie sont (1) la vision pour l’expansion du Système national des aires protégées ; (2) les objectifs stratégiques du Système national des aires protégées (SNAP) ; (3) les principes directeurs pour le Système national des aires protégées aux Comores et (4) les axes stratégiques pour étendre et gérer le SNAP aux Comores. Le tout conduit au (5) plan stratégique d’expansion du SNAP aux Comores.

La vision stratégique du système national des aires protégées aux Comores est : « D’ici à 2021, un système d’aires protégées gère rationnellement 27 % de la superficie du territoire national avec une approche communautaire pour un développement écologique et économique durable. »

Les Objectifs stratégiques du Système national des aires protégées aux Comores sont : « (1) Au moins cinq aires protégées sont créées d’ici à 2021 avec l’adhésion des communautés et gérées par une Agence fonctionnelle avec une amélioration du niveau de vie des populations riveraines et (2) Le fonds pour l’environnement et une nouvelle filière d’enseignement pour les futurs agents du Système national des aires protégées soient fonctionnels d’ici à 2021. »

Les principes directeurs pour le Système national des aires protégées (SNAP) aux Comores sont : « (1) Le système garantit le maintien du bon état des écosystèmes et prévient les risques environnementaux futurs dans les aires protégées ; (2) Le système contribue au développement durable des activités économiques et garantit le partage équitable des ressources concernées ; (3) Le système est intégré dans un dispositif de connaissance et de suivi du milieu ; (4) Le système s’inscrit dans les politiques intégrées de gestion des milieux terrestres et marins et (5) Le système répond à des objectifs définis à de multiples échelles (locale, insulaire, nationale, internationale) et dans ce cadre, collabore avec tous les acteurs.

Les Axes stratégiques pour étendre et gérer le SNAP aux Comores sont : « (1) Renforcer les textes législatifs et réglementaires en améliorant la prise en compte de la dimension terre-mer (GIZC) pour les aires protégées ; (2) Créer une Agence pour la gestion des aires protégées ; (3) Créer de nouvelles aires protégées ; (4) Gérer la protection et la production en encourageant une gestion adaptative des aires protégées ; (5) Réglementer et surveiller les aires protégées ; (6) Suivre et évaluer les résultats de la gestion des aires protégées ; (7) Améliorer le financement durable des aires protégées et (8) Renforcer les capacités des intervenants des aires protégées à tous les niveaux.

Les aires protégées sont : Parc national de Mohéli, partie marine et terrestre, partie marine depuis 2001 et partie terrestre  depuis 2015 et les parcs nationaux du projet RENAP (Réseau National des Aires Protégées) : Parc national Volcan Karthala avec les réserves d’Hantsongoma et de Nyoumbadjou incluses ; Parc national Mont Ntringui avec la Réserve de Moya intégrée ; Parc national nord N’gazidja ; Parc national Cœlacanthe et le Parc national Shisiwani.

Les autres axes stratégiques concernent la gestion de la protection et de la production en encourageant une gestion adaptative des aires protégées, ce qui veut dire protéger tout en développant la région de façon à ce que tout le monde y trouve son compte. Toutefois, vu le nombre important d’activités génératrices de revenus ayant périclité dans un passé récent, de nouvelles approches seront mises en œuvre de façon à garantir profitabilité et durabilité écologique et économique sans mettre en péril les ressources.

Pour améliorer la lutte anti-braconnage, les écogardes spécialisés dans la surveillance et la répression seront assermentés et formés. Les écogardes seront sélectionnés à un niveau supérieur au niveau actuellement admis au Parc national de Mohéli. La lutte contre la pêche à la dynamite et la vente de viande de tortue sont prioritaires.

Les aires protégées sont le moyen principal de protection de la biodiversité unique des Comores tout en préservant les services écosystémiques sur lesquels repose la base de subsistance étroite des communautés locales. Il reste cependant beaucoup de travail et de changements de mentalités.

Plusieurs raisons ont motivé le choix d’une expansion du Système national des aires protégées, entre-autres : La protection d’espèces ou d’habitats ; La préservation d’écosystèmes remarquables ; La reconstitution ou la restauration des ressources ; La gestion durable d’écosystèmes ; L’appui à la gestion économique durable du milieu par les riverains ; Les services écosystémiques comme l’eau ou la protection des sols, etc. ; L’éducation environnementale et civique, sensibilisation ; La gestion adaptative induisant une évolution de mentalités de la population et des partenaires privés et La valorisation des richesses naturelles pour des fins de tourisme, de détente, de développement mental, de découverte de la nature et de développement de soi.

Le détail de cet ambitieux plan est décrit très précisément dans le document de projet du projet Réseau national des aires protégées financé par le FEM, mis en œuvre par le PNUD et exécuté par le Ministère en charge de l’environnement.

 

12 février 2017

LE SYSTEME NATIONAL DES AIRES PROTEGEES AUX COMORES : UN IMPERATIF ENVIRONNEMENTAL

Par Naila Ahmed Dahalane Cette note synthétise différents documents existants dans le domaine des airs protégés aux Comores. Le gouvernement comorien avec l’appui de ces partenaires concentrent tous leurs efforts sur la mise en place du réseau et du système national des aires protégées. La création de cinq nouvelles aires protégées et le renforcement du Parc national de Mohéli, premier Parc national des Comores est en cours. Les enjeux et les défis sont de taille. Le plan de travail est […]
7 janvier 2017

TENDANCE ET VULNERABILITE DES COMORES AU CHANGEMENT CLIMATIQUE

Par Ali Hassane Mot clé : changement climatique, gaz à effet de serre, élévation du niveau de la mer, augmentation de la température, érosion côtière. Cette note a pour objectif de présenter les vulnérabilités des Comores face aux changements climatiques. Il s’agit dans un premier temps de poser les principales prévisions, ainsi que les montants financiers qui résulteront des catastrophes à venir. En conclusion l’auteur propose des mesures préventives face à un phénomène irréversible. La fragilité des petits États et […]
13 décembre 2016

L’infection à Virus à Hépatite B : cas des Comores

Par Dr Azhar S MOHAMED Les hépatites virales sont des infections des cellules du foie dues aux virus dits virus hépatiques identifiés chacun par une lettre de l’alphabet : A, B, C, D et E [i],[ii],[iii]. Attaquant tout le foie, ces virus sont tous différents par : – leurs modes de transmission, – l’évolution de la maladie et – leur traitement. Cependant, on peut les regrouper en deux famille selon le mode de transmission i,ii : Liés à la nourriture : les hépatites […]
30 octobre 2016

Où sont les femmes dans la politique aux Comores?

Par H.M.Karizombo « Les partis politiques ne peuvent pas choisir une femme juste parce que c’en est une ». Légalement, la femme comorienne n’a rien à envier à son « homologue » masculin. Elle dispose des mêmes droits et devoirs que l’homme. Est même considérée comme «  chanceuse » comparativement à ses sœurs issues du continent. Etrangement, malgré «ces acquis », elle reste invisible. Se tient éloignée des joutes verbales, ne s’impose pas, en tout cas dans leur grande majorité. En 41 ans d’indépendance, les Comores  n’auront […]