Disparition de la filière cocotier aux Comores : un problème phytosanitaire sans solution ?

Notre centre contribue à la création d’emploi dans un secteur promoteur de l’économie Comorienne #CFMTH
29 mai 2016
Dr Youssouf Mohamed Kassim| La santé publique aux Comores
12 juin 2016

Disparition de la filière cocotier aux Comores : un problème phytosanitaire sans solution ?

Par Ali Hassani

Le cocotier est depuis toujours intimement lié à la culture comorienne. Toutes les parties de l’arbre sont transformées pour les besoins de la vie courante.  La noix de coco est utilisée dans de nombreux plats traditionnels.

Implantée aux Comores pendant la période coloniale, la cocoteraie comorienne était parmi les cultures de rente jusqu’aux années 80. Comme la vanille, le girofle et l’ylang-ylang ; le coprah « Mbatra », albumen séché de la noix de coco s’exportait massivement vers l’occident. Utilisé dans l’industrie cosmétique pour la fabrication du savon, du shampoing… la noix du coco faisait partie de la fierté nationale en matière d’exportation.

Au milieu des années 90, la production commençait à chuter. De même la découverte des molécules de synthèse rendait l’exportation rare. La filière d’exportation a disparu et avec elle toutes les politiques publiques d’entretien des cocoteraies.

Depuis 1996, le projet Développement des Cultures Vivrières et Appui Semencier (DCVAS) est chargé de réhabiliter la cocoteraie comorienne, qui se trouve en phase de vieillissement avancée. Cependant, ses premières observations effectuées en 2000, ont montré une infestation des cocotiers par le complexe aleurode fumagine. Ce dernier s’est accentué et a complètement bouleversé les objectifs initiaux du projet. Il a donc été nécessaire de mesurer l’impact de ce problème phytosanitaire que ce soit au niveau de la production, des échanges et de la consommation des ménages.

Mots clés : Noix de coco, L’aleurode, Production, Consommation, problème phytosanitaire, Comores.

Disparition de la cocoteraie nationale quelle politique de remplacement?

L’impact de l’aleurode (mouches blanches) sur la cocoteraie comorienne doit être considéré comme une catastrophe nationale.

L’aleurode pompe la sève du cocotier pour se nourrir et excrète un miellat sur lequel se développe alors un champignon, la fumagine, gênant la photosynthèse et la transpiration de la plante. Ces deux actions entraînent un affaiblissement de l’arbre, réduisant sa production de noix de coco et pouvant aller jusqu’à sa mort. Par ailleurs, Cette maladie sans précédente est venue attaquer une cocoteraie bien âgée dans le cas des Comores. La plupart de ce patrimoine a dépassé les 50 ans sans avoir bénéficié un soin sylvicole adéquat.

Depuis l’an 2000 la situation est devenue épouvantable. La production a chuté de près de 55% sur l’ensemble de l’Archipel. Une chute qui a entrainé une pénurie sans précédente de la noix de coco et une hausse historique du prix de ce produit. Par exemple des familles de la diaspora comorienne rentrés au pays pour des cérémonies, se trouvent obligé de ramener des sachets de noix de coco en poudre afin de pallier à la pénurie. Soulignons que seul l’île de Mohéli arrive à assurer sa consommation locale en noix de coco et à exporter vers les autres îles de l’archipel, exposé à des ruptures régulières de stocks.

Une crise qui a touché non seulement le mode culinaire des îles Comores mais surtout l’économie proprement dite du pays ainsi que le mode de production agricole. La pénurie de noix aurait pu mettre les agriculteurs en situation de force par rapport aux acheteurs potentiels. Toutefois, la faible structuration de la filière n’a pas occasionné une amélioration des revenus des producteurs. Une autre conséquence reste la disparition de la fabrication d’huile de coco qui n’existe pratiquement plus à l’exception de l’île Mohéli en milieu rural.

Cependant la disparition de la filière de cocotier aux Comores résulte de l’absence de politique publique au sujet de la filière cocotier comorienne veille de plus d’un demi-siècle et accéléré par l’épiderme de la mouche blanche sur les cocotiers constaté à l’an 2000 par le projet DCVAS. Les recommandations suivantes aux autorités comoriennes en chargée de l’agriculture permettraient de relancer une filière vitale pour l’économie.

Recommandations

  • Lancer en urgence une politique nationale de la filière cocotier pour un renouvellement et une amélioration des espèces ;
  • Surveiller la santé des plantes ;
  • Créer des pépinières pour la production de toutes les variétés de semences cocoteraies ;
  • Renouveler la cocoteraie de nos jours ;
  • Expliquer aux acteurs de la filière (agriculteurs et politiciens) l’enjeu socioéconomique de la fameuse noix de coco ;
  • Sensibiliser la population sur la protection de la cocoteraie ;

 

Bibliographie

–         Etude de la filière cocotier aux Comores dans un contexte  PRODINRA.

  • Aux Comores, la noix de coco est devenue rare:       
  • Lutte biologique contre l’aleurode du cocotier aux Comores – CIRAD.
  • Images correspondant à cocotier aux Comores.

Copyright © Comores2016-2021
Cette note peut être reproduite en totalité ou en partie, et sous n’importe quelle forme, à des fins éducatives ou non lucratives sans autorisation spéciale du propriétaire du copyright à condition que sa source soit mentionnée.

1 Comment

  1. coupons code dit :

    Très joli look ! Je vais peut être me lancer et m’en prendre un pour cet été, avec un détail qui « tue » comme ton dos décolleté ou des manches avec de jolis détails…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *