Le choléra à la porte des Comores : comment prévenir, contrôler et éviter tout risque de propagation de cette maladie ?

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Le choléra à la porte des Comores : comment prévenir, contrôler et éviter tout risque de propagation de cette maladie ?

Par Daniel Ben Ali Fahad

L’objectif de cette note est de sensibiliser notre population et surtout les voyageurs se rendant dans les zones touchées par les épidémies de choléra.

Le choléra est une maladie diarrhéique aigüe, très contagieuse et mortelle. Le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales de la République Unie de Tanzanie a notifié à l’OMS de nouvelles flambées de choléra dans leur pays le 13 octobre 2015. Depuis[1] le début du mois d’août jusqu’au 27 novembre 2015, 150 personnes sont mortes de cette épidémie de grande ampleur en Tanzanie (avec près de 10 000 cas recensés selon l’OMS). Rappelons que la Tanzanie est un pays voisin des Comores. La circulation des biens et des personnes entre les deux pays, est actuellement en pleine essor. Cela,  nous interpelle sur la sécurité sanitaire de la population aux Comores. En précisant que l’Union des Comores reste un pays fragile, très pauvre et très peu peuplé par rapport à l’échelle mondiale.

Quels sont les enjeux sécuritaires de l’archipel face à ce fléau?

Cette question résumera notre réflexion sur ce problème sanitaire et social.

Les enjeux sécuritaires des Comores face au choléra :

L’Archipel des Comores est situé dans l’océan Indien et partage avec la République Unie de Tanzanie sa frontière maritime Nord-ouest. La distance[2] entre Moroni (Grande Comore) et Dar es Salam (Tanzanie) est de 698 km. Les liens unissant ces deux pays sont nombreux (géographiques,  parentés, historiques, commerciaux…) et remontent depuis des siècles. Les échanges croissants s’observent chaque jour entre ces deux pays. Notons[3] à titre d’exemple, que la compagnie d’Air Tanzanie effectue 3 vols réguliers par semaine avec les Comores, permet l’achat de produits finis et d’animaux vivants[4] (4000 à 5000 têtes de Zébus par an) et ainsi que le développement du trafic portuaire.

Rappelons que depuis le mois d’août jusqu’au 27 novembre, 150 personnes sont mortes de cette pandémie avec près de 10 000 cas recensés en Tanzanie.  Dans la région de Dar-es-Salaam 72% du total des cas notifiés. Cette capitale économique de la Tanzanie, accueille la plupart des comoriens (commerçants et/ou étudiants voire même des malades).

Puis également, la saison prochaine[5], il est prévu que les pluies s’intensifieront et augmenteront la transmission de la maladie.

Le choléra est une maladie très contagieuse, due à l’ingestion d’aliments ou des eaux contaminées par le bacille Vibrio cholerae. Ce bacille est soit présent dans les selles pendant 1 à 10 jours après l’infection ou soit éliminé dans l’environnement où il peut potentiellement infecter d’autres personnes. La brève période d’incubation du choléra, de deux heures à cinq jours est un facteur renforçant sa propagation de manière explosive. Le choléra aussi nommé « maladie des mains sales », due à un défaut d’hygiène, se transmet toujours par les mains sales et peut faire beaucoup de victimes en très peu de temps. Le choléra est très favorisé par les crises humanitaires avec les déplacements de population dans des camps mal équipés et surpeuplés, le défaut des systèmes d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement mais également la période des saisons pluvieuses.

En somme, les liens étroits entre les Comores et la Tanzanie et le potentiel très fort de contamination du choléra exposent les Comores à cette épidémie. C’est ainsi que nous nous permettrons de faire quelques recommandations à l’égard des autorités sanitaires et de la population surtout aux voyageurs.

Recommandations :

  Aux autorités sanitaires

  • D’informer, de communiquer et d’ éduquer la population sur les maladies des mains sales.
  • De surveiller et d’appliquer certaines mesures sanitaires à toute personne venant des zones d’épidémie de choléra : S’assurer que tout le monde puisse bien se nettoyer les mains et pieds avec de l’eau de javel et savon dès leur arrivée dans le territoire national.
  • D’imposer à tous voyageurs vers les zones d’épidémie de choléra à se faire vacciner contre cette maladie.

   Aux voyageurs 

  • D’éviter les alimentations dans les rues.
  • De se laver méticuleusement chaque fois les mains
  • Le vaccin contre le choléra doit être recommandé aux voyageurs s’ils comptent voyager dans des lieux à risque élevé.

A la population

Le Choléra peut être évité en pratiquant l’hygiène, en purifiant l’eau avant de la boire, de faire cuire les aliments et en faisant très attention avec la nourriture crue : la vérité, nous avons tendance à oublier ou à ignorer de  laver les fruits avant de les consommer.

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Cette note  peut être reproduite en totalité ou en partie, et sous n’importe quelle forme, à des fins éducatives ou non lucratives sans autorisation spéciale du propriétaire du copyright à condition que sa source soit mentionnée.

[1] Référence sur : http://www.rtbf.be/info/monde/detail_epidemie-de-cholera-en-tanzanie-150-morts-et-pres-de-10-000-cas?id=9149345

[2] Référence sur : http://dateandtime.info/fr/distance.php?id1=921772&id2=160263

[3] Référence sur : http://www.beit-salam.km/article.php3?id_article=213

[4] Référence sur : http://wongo.skyrock.com/2976576105-COMORES-Viande-fraiche-de-zebu-hors-de-prix.html

[5] Référence sur : http://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/epidemie-de-cholera-en-tanzanie-plus-de-10-000-cas-recenses_1195097.html

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