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L’union des Comores, un pays aux hôpitaux sans morgues : guérison à 100%?!

Par Daniel Ben Ali Fahad

L’objectif de cette note est de mener une analyse sur l’absence des morgues dans un pays où les hommes vivent et meurent comme tous les humains sur terre.

À travers les siècles, l’espèce humaine a témoigné que tout être vivant, finies par mourir. Le monde hospitalier bien qu’il soit régit par des connaissances millénaires et scientifiques, la guérison des malades reste variable selon plusieurs paramètres. Dans les hôpitaux comoriens comme tous les hôpitaux du monde, il arrive que des patients succombent à leurs maladies. Néanmoins aucun hôpital dans ce pays ne dispose d’une morgue. L’absence de morgue aux Comores constitue un obstacle à la conservation des morts et à la réalisation des autopsies. Pour plusieurs raisons tel que l’indentification, les recherches médicales ou médico-légales, le cadavre peut être conservé et ou autopsié.  L’autopsie ayant pour but d’établir la cause de la mort, elle reste fondamentale à l’épidémiologie médicale et donc à la santé publique. Ainsi nous analyserons d’abord les conséquences d’un pays sans morgue en suite les intérêts d’une morgue dans la société. Enfin quelques recommandations.

Mots clés: Morgue, décès, mort, étiologie, hôpital, Comores.

L’inexistence de morgue aux Comores crée des graves crises sanitaires

La morgue demeure un lieu auquel, on garde les morts un moment pour que : soit la famille du défunt prépare l’enterrement, soit pour l’indentification (surtout les victimes retrouvés dans une situation dont les autorités n’arrivent pas à les identifier comme crash d’avion), soit pour des raisons médico-légales (par exemple dans un homicide, le médecin légiste va chercher sur le défunt des preuves scientifique à l’origine du décès) et soit pour la recherche médicale (les causes des décès, l’anatomie-pathologique, la formation médicale, etc.). L’absence de morgue aux Comores reste contraire à l’intérêt de la santé publique. De nombreuses situations tragiques survenues aux Comores, ont montré à plusieurs reprises la complexité de converser des cadavres sans morgues. C’est le cas du naufrage[1] du  bateau Madjiriha  en aout 2011. Les corps étaient conservés[2] dans une chambre froide, initialement destiné à la conservation des importations de viande surgelés. Aux Comores, la peur et l’absence des morgues a induit en erreur la population à de nombreuses reprises à enterrer des vivants sans se rendre compte. Il est rapporté dans plusieurs villages des morts se réveillent en pleine aux obsèques. Cependant la conservation et ou l’autopsie d’un mort dans une morgue, aurait pu relever cette erreur de diagnostique de mort. La mort est l’arrêt complet et définitif des fonctions vitales de l’organisme, suivi par la destruction progressive de ses tissus et organes.  Nombreux des victimes d’assassinant politique bien connus, sont enterrés sans autopsie, laissant le peuple comorien dans le flou. Car devant toute justice même victime, il faut des preuves irréfutable (comme les preuves médico-légales justifiants un empoisonnement, une exécution ou autres). On peut citer le président Ahmed Abdallah Abdérémane[3] exécuté en 1989, le président Mohamed Taki Abdoulkarim[4] empoisonné en 1998. Etant mort, l’humain se résume-t-elle à un amas de chaire en décomposition seulement ? Sans aucune utilité, ni valeur ? N’aurait-elle plus de dignité ?

L’ouverture d’une morgue un impératif de santé publique au service de la nation.

Les autorités sanitaires comoriennes négligent l’une des marques important de l’évolution de l’homme : la conservation des corps sans vie, avant  l’enterrement de ces dernières. Bien que le code de la santé publique avait prévenu[5] dès 1995 la disposition d’une morgue dans chaque centre hospitalier régional aux fins de la conservation des corps des personnes décédées. Cette dernière n’a jamais été réalisée dans aucun hôpital aux Comores. L’épidémiologie(les statistiques, les causes) sur les décès, le droit criminel, la formation professionnelle, la recherche, sont autant de champs[6] qui la présence d’une morgue moderne répondant aux normes actuelles de préservation de cadavres, reste indispensable à la santé publique comorienne.

Le peuple comorien étant musulman, le cadavre à premier vu n’a de place qu’au cimetière. En effet dans la religion musulmane, il est recommandé d’enterrer les morts le plus vite possible. Toutefois ces pratiques remontent à un moment ou la maîtrise de la chaine du froid n’existait point. Pour des raisons d’hygiène l’enterrement immédiat s’imposait. Dans la tradition comorienne, il arrive qu’une famille endeuillé garde le défunt à la maison jusqu’au lendemain ou en attente d’une proche venant de l’étranger pour assister aux obsèques. Notons que ces pratiques se font sans que l’on sache la cause du décès. En dehors d’une mort naturelle, la famille demeure exposée de plusieurs menaces médicales. Rappelons que certaines maladies surtout infectieuse[7] comme la rage, le choléra, l’Ebola … sont beaucoup plus contagieuse par ces pratiques. Les dangers médicaux et les crimes pouvant être cause de décès, méritent que le peuple comorien adapte son approche face aux cadavres pour sa propre sécurité. Ainsi des raisons que les autorités devraient prendre en compte pour la sécurité du peuple comorien et la dotation en urgence des structures et moyens (morgues, équipement et formation de médecins légiste).

La présence  morgue permet de conserver les cadavres pour éviter leurs décompositions et garder la dignité du défunt, il faut souligner l’importance capitale des recherches et des formations médicales dans une morgue. Des recherches sur les étiologies (causes) des décès, des malformations congénitales, de fœtopathologie à grand intérêt génétique,… vont éclairer encore  plus les autorités de la santé publique, afin de mieux élaborer un programme de prise charge pour les vivants. La formation professionnelle du personnel médicale tire de la morgue une somme inestimable de connaissance et de pratique médicale. La santé publique gagne dans la formation mais également dans la recherche médicale voire criminel.

La morgue étant un carrefour de croisement des vivants et des morts, des personnels médicaux et des autorités judiciaires, elle demeure essentielle comme tous autres services dans un hôpital. Malgré les morts dans les hôpitaux comoriennes, ces dernières restent sans morgues, ni registre précise des décès ou les étiologies des maladies des décès. Le droit criminel avec des preuves scientifiques de médecine légal aux Comores, parait inexistant et donc une utopie pour le peuple comorien. L’archipel[8] reste sans aucun spécialiste en médecine légal à ce jour. Les causes de décès ne sont point documentées, en conséquence il est impossible de mener une politique publique de santé reposant sur des statistiques fiables. Quelle justice pour les crimes avec des décès aux Comores sans preuves médico-légal ? Quelles documentations scientifiques sur les décès dans les hôpitaux comoriens sans morgue ? Quelle recherche médicale sur les étiologies des décès sans morgue pour les autopsies ? Ainsi pour qu’un jour nous trouvions des réponses à ces genres d’interrogations, nous formulons les recommandations suivantes aux autorités sanitaires.

Recommandations :

  • Equiper dans l’urgence au moins les 3 centres hospitaliers de référence de d’une morgue (une dans chaque île).
  • Chercher à court termes d’équiper les 17 régions de l’Union des Comores d’une morgue.
  • Former des spécialistes en médecine-légal.
  • Mener des études sur l’épidémiologie des décès et ces étiologies.
  • Valoriser les enquêtes criminelles par des preuves scientifiques (médico-légales).
  • Eduquer les comoriens à la nécessité de l’autopsie, beaucoup considèrent comme une pratique avilissante du cadavre
  • Impliquer la diaspora dans le financement des morgues.

Copyright © Comores2016-2021.org. Cette note  peut être reproduite en totalité ou en partie, et sous n’importe quelle forme, à des fins éducatives ou non lucratives sans autorisation spéciale du propriétaire du copyright à condition que sa source soit mentionnée.

[1] Référence sur : http://www.alwatwan.net/v2/index.php?home=actu.php&title=Naufrage-du-bateau-Madjiriha-a-Il-A-tait-difficile-de-localiser-le-boutre-qui-ne-disposait-ni-da-un-Vhf-ni-da-un-fuseau-de-dA-tressea-&actu_id=3357

[2] Référence sur : http://nomansland.mondoblog.org/tag/madjiriha/

[3] Référence sur : http://www.jeuneafrique.com/137349/politique/comores-les-abdallah-une-affaire-de-famille/

[4] Référence sur : http://www.comores-online.com/mwezinet/histoire/taki_djoussouf.htm

[5] Référence sur : http://www.droit-afrique.com/upload/doc/comores/Comores-Code-1995-sante-publique.pdf

[6] Référence sur : http://www.haitilibre.com/article-16001-haiti-sante-pose-de-la-premiere-pierre-de-la-nouvelle-morgue-de-l-hueh.html

[7] Référence sur : http://www.who.int/csr/disease/ebola/faq-ebola/fr/

[8] Référence sur : http://consommateurkm.com/reunion-dinformation-et-de-sensibilisation-sur-les-droits-des-malades-et-lacces-aux-soins-en-union-des-comores/

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