L’extinction de la roussette de Livingstone, une espèce endémique aux Comores : une catastrophe écologique.

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L’extinction de la roussette de Livingstone, une espèce endémique aux Comores : une catastrophe écologique.

Par Daniel Ben Ali Fahad

Cette note se fixe l’objectif de réfléchir sur la responsabilité humaine de la disparition des espèces fauniques aux Comores notamment la roussette de Livingstone de ce monde.

La pression progressive de l’homme sur l’environnement bouleverse l’écosystème forestier. Aux Comores comme dans d’autres pays, cela n’est pas sans conséquence. La roussette de Livingstone fut découverte en 1863 aux Comores. Cette espèce de chauve-souris est menacée d’extinction, en raison d’activité humaine dans son milieu naturel. L’homme reste le seul responsable majeur de la disparition de ce patrimoine mondial. Il convient de cerner dans un premier temps la nature de cette espèce. Ensuite les causes de son extinction, suivie des actions menées pour sa préservation et enfin quelques recommandations pour consolider cette préservation à moyen et long terme.

La roussette de Livingstone :

Il s’agit d’une chauve-souris du nom scientifique Pteropus livingstonii. Elle se distingue par sa grande taille. Elle mesure environ 30 cm et l’envergure de ses ailes peut atteindre 1,50 à 2 mètres. Elle présente une fourrure de couleur noire sauf sur le dos et la partie inférieure du corps où on trouve des poils jaunâtres. Elle fut découverte[1] aux Comores, Mohéli, par David Livingstone en 1863. Cette roussette est  une espèce propre aux îles d’Anjouan et de Mohéli. Dans ces deux îles, cette espèce se trouve généralement à une altitude[2] entre 600m à 1500m. Son alimentation[3] est principalement composée de fruits, de fleurs et de feuilles. Elle favorise la dispersion des grains et la pollinisation des fleurs.

Ce patrimoine mondial est menacé d’extinction. Quelle est l’origine de cette extinction ?

Les causes de l’extinction de la roussette de Livingstone

L’existence de la roussette de Livingstone est menacée. Son milieu naturel tend à la disparition sous la pression de l’activité humaine et des phénomènes environnementaux tels que les cyclones, les glissements de terrain, qui deviennent de plus en plus fréquent dans l’archipel des Comores.

En effet, les activités grandissantes de l’homme pèsent lourdement sur l’environnement et donc sur l’habitat de cette chauve-souris. La déforestation détruit les dortoirs et l’alimentation des roussettes de Livingstone. De plus, le déboisement de la forêt reste la principale cause de la disparition de certaines espèces forestières et notamment la roussette de Livingstone. Il entraine parfois des glissements de terrain, pouvant être responsable à des dégradations forestières importantes mais aussi à des pertes des vies humaines.

Rappelons qu’aux Comores, la majeure partie du bois (873 000 m3 de la biomasse consommée chaque année) est utilisée pour la cuisson, la construction des maisons et dans les distilleries d’ylang-ylang. Les nouvelles parcelles défrichées servent à l’agriculture et aux nouvelles constructions. Il s’ajoute la croissance démographie qui amplifient les besoins en bois et aux nouvelles terres, de part l’existence d’une agriculture extensive. La densité est très élevée à Anjouan (679habitant/km2 en 2013)[4] que dans les autres îles, l’île qui contient la plus grande partie de la population des roussettes, ce qui montre un risque énorme pour sa disparition dans les années à venir. Selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN)[5], la Roussette de Livingstone est classée parmi les espèces menacées et en danger critique, qui nécessite donc des mesures urgentes et immédiates de sauvegarde.

La déforestation, la conversion de la forêt pour l’agriculture, l’urbanisation anarchique constituent des actions de l’homme au détriment de la nature et des espèces qui y vivent. Les cyclones et les glissements de terrain y contribuent également. Ces deniers sont provoqués indirectement par l’homme après avoir déboisé un terrain laissé nu. La responsabilité humaine est bien avérée aussi directement qu’indirectement.

Préserver la chauve-souris de Livingstone: un impératif écologique.

Deux projets ont tenté d’apporter des réponses à cette catastrophe en court. L’Etat comorien et ses partenaires (Bristol Conservation and Science Foundation, Durrell Wildlife Conservation Trust, Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières…) ont initié le premier projet (ECDD), qui donnera également naissance à l’ONG Dahari.

  • Le projet « Engagement communautaire pour le développement durable (ECDD)[6]» de 2011 à 2013, une des ces programmes était « Conservation de la roussette de Livingstone » avec comme objectifs, une étude pour mettre à jour l’estimation de la population et d’évaluer la situation de l’espèce et de son habitat.
  • L’ONG comorienne, Dahari[7] a entamé depuis Août 2014 un projet de « Conservation participative de la Roussette de Livingstone ». Ce programme de conservation vise 3 objectifs à savoir :
  • La protection ses sites-dortoirs.
  • Un suivi régulier de la taille de population des roussettes de Livingstone et de l’état des sites-dortoirs.
  • Un programme de recherche pour mieux identifier les besoins en termes de conservation.

C’est dans cette logique que nous ferons quelques recommandations à égard du ministère chargé de la forêt pour une préservation durable de cette espèce.

Recommandations :

  • Annuler toutes barrières douanières sur l’importation du bois.
  • Chercher une autre forme d’énergie moins couteuse et accessible de toutes les couches sociales.
  • Appuyer et soutenir les efforts de cette ONG locale « Dahari».
  • Mener une éducation environnementale scolaire et extrascolaire pour les jeunes.
  • Créer des réserves forestières occupant les zones dortoirs.
  • Sensibiliser la population sur l’utilité l’environnement et donc sur les espèces qui y vivent.
  • Structurer l’urbanisation de façon à gagner de la place pour l’agriculture et revoir la politique sur la naissance, surtout à Anjouan.
Copyright © Comores2016-2021.org. Cette note  peut être reproduite en totalité ou en partie, et sous n’importe quelle forme, à des fins éducatives ou non lucratives sans autorisation spéciale du propriétaire du copyright à condition que sa source soit mentionnée.

[1] Référence accessible sur : https://books.google.sn/books?id=7bVWp_wtPpMC&pg=PA54&lpg=PA54&dq=en+quel+ann%C3%A9e+a+eu+la+decouverte+de+la+roussette+de+livingstone?&source=bl&ots=QlP3ygO_AR&sig=nCjWdskAb9x2Nkw75l2e4PJYnnQ&hl=fr&sa=X&ved=0CC8Q6AEwBGoVChMI9r_e9v3kyAIVynEUCh2KQgr7#v=onepage&q=en%20quel%20ann%C3%A9e%20a%20eu%20la%20decouverte%20de%20la%20roussette%20de%20livingstone%3F&f=false

[2] Référence accessible sur : http://www.sifee.org/static/uploaded/Files/ressources/actes-des-colloques/yaounde/session-1-2/1_BASTUYAT_TXT.pdf

[3] Référence accessible sur : http://daharicomores.org/portfolio-view/roussette-de-livingstone/

[4] Référence accessible sur : http://www.ecddcomoros.org/fr/les-comores/population/

[5] Référence accessible sur : http://anjouan.infos.free.fr/environnement.htm

[6] Référence accessible sur : http://www.ecddcomoros.org/wp-content/uploads/2012/06/Rapport-final-Projet-ECDD-20141.pdf

[7] Référence accessible sur : http://daharicomores.org/portfolio-view/conservation-livingstone/

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