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TENDANCE ET VULNERABILITE DES COMORES AU CHANGEMENT CLIMATIQUE

Par Ali Hassane

Mot clé : changement climatique, gaz à effet de serre, élévation du niveau de la mer, augmentation de la température, érosion côtière.

Cette note a pour objectif de présenter les vulnérabilités des Comores face aux changements climatiques. Il s’agit dans un premier temps de poser les principales prévisions, ainsi que les montants financiers qui résulteront des catastrophes à venir. En conclusion l’auteur propose des mesures préventives face à un phénomène irréversible.

La fragilité des petits États et territoires insulaires

Les petits États et territoires insulaires (PETI) font remarquer qu’ils seront parmi les espaces les plus sévèrement impactés par les changements climatiques et la hausse du niveau marin. Cependant, leurs contributions aux émissions de gaz à effet de serre ont été et restent encore aujourd’hui négligeable à l’échelle planétaire.

Dans le sud-ouest de l’océan Indien, les changements climatiques se traduiront probablement par des phénomènes cycloniques plus importants. Les petites îles sont souvent dépassées par ces situations de catastrophe dont le bilan humain et matériel peut être très lourd.

L’archipel comorien, à l’instar des autres pays insulaires en développement, se caractérise par sa vulnérabilité très importante aux impacts du changement climatique. L’étude des données disponibles sur les 50 dernières années révèle déjà un réchauffement significatif sur l’ensemble des îles avec une augmentation moyenne significative de +0,2°C par décennie ainsi qu’une baisse de la quantité annuelle de précipitations pour la même période.

À l’horizon 2050, les changements climatiques se manifesteront par une légère hausse de la pluviométrie par rapport à la normale pour les mois de janvier à avril et de décembre. Contrairement aux autres mois où on constatera une baisse de la pluviométrie.

À l’échelle nationale, ces modifications se manifesteront par une augmentation de la température de 1,26 à 1,47°C. Le réchauffement sera encore plus prononcé en l’an 2100 avec une variation de 1,99 à 2,35 °C.

D’une façon générale, la variation thermique devrait doubler de 2050 à 2100 si aucune mesure d’atténuation n’est prise. Pour la pluviométrie, il y aura une baisse significative pour les mois d’août à novembre.

Le niveau de la mer devrait augmenter de 4mm par an au cours des cinquante prochaines années. Cette augmentation correspond à une élévation moyenne potentielle de 20 cm, une élévation deux fois plus importante que l’élévation observée au cours des cent dernières années (20 à 25 cm).

Projections financières et humains des dégâts résultant du phénomène de changement climatique

La proportion de vulnérabilité est estimée à 82,1%, avec des dommages causés par les changements climatiques qui dépassent dès 2020 la valeur du PIB. L’économie des Comores est essentiellement basée sur l’agriculture de rente qui représente entre 40 et 44 % du PIB (370 millions de dollars en 2005), avec un revenu annuel par habitant extrêmement bas, estimé à 465 dollars US (2005) ce qui place les Comores parmi les pays les moins avancés.

La vulnérabilité des Comores repose sur la sensibilité à l’aléa climatique et la capacité d’adaptation. Elle dépend de fait de facteurs physiques, humains et socioéconomiques, la pauvreté du pays étant la cause principale.

À l’horizon 2025, Le changement climatique pourrait entraîner une contamination des aquifères côtiers par l’eau de mer, une augmentation des cas de paludisme et d’intoxications alimentaires liées à la consommation d’animaux marins (ICAM), une diminution de la production agricole et de la pêche ainsi qu’un déplacement de 10% de la population côtière. Ce phénomène pourrait encore provoquer la destruction de 29 % du réseau routier, 30% des infrastructures hôtelières, 70% des ports et aéroports, pour un coût total de plus d’un milliard de dollars américains, représentant ainsi plus de deux fois le PIB du pays.

Les pistes pour agir avant qu’il ne soit trop tard.

Pour atténuer et s’adapter au changement climatique, des mesures politiques devraient être prises, notamment, pour l’amélioration de l’efficacité énergétique et de l’utilisation du bois comme énergie ; le développement de moyens de transport moins polluants et le développement des systèmes améliorés de production végétale.

L’examen des données de l’inventaire national des sources et puits des gaz à effet de serre révèle que des actions d’atténuation dans les secteurs de l’Énergie auraient un impact positif sur les émissions produites dans le pays. Les alternatives à l’utilisation des combustibles fossiles potentiellement réalisables aux Comores sont l’hydroélectricité, les énergies solaire et éolienne et l’exploitation de sources géothermiques.

Parmi les propositions avancées, il convient de sensibiliser la population à une plus grande résiliance. Élaborer des opérations des reboisements des cocotiers, des filao et des mangroves sur toutes les cotes des îles Comores afin d’absorber les cyclones qui seront plus violents.

Pour diminuer les risques de santé très graves, il est nécessaire, dès aujourd’hui, d’abaisser la mortalité et la morbidité dues au paludisme, au niveau le plus bas possible, afin qu’il ne constitue plus un problème de santé publique.   Les mesures pouvant être prises par le pays en prévision des risques imputables aux ICAM portent sur la surveillance épidémiologique, le suivi des paramètres océanographiques et des coraux en particulier, et la formation du personnel médical.

Référence bibliographique :

  • « Les Comores et l’aléa cyclonique dans le contexte des changements climatiques Egoff ; et: la vulnérabilité différenciée d’Anjouan et de Mayotte » par Nicolas.
  • Contributions Prévues Déterminées au niveau National de l’Union des Comores
  • Les petits États et territoires insulaires face au changement climatique …
  • Extrait du discours prononcé par l’ex vice-président de l’Union des Comores, S.E. Dr Fouad Mohadji, le 7 décembre 2011 à l’occasion de la 17e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les Changements climatiques (COP17), à Durban.
  • Plan National de Mise en œuvre de l’Union des Comores

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